Patate chaude et poulet frit
huile qui boue, feu pogné d'dans
le stress, pis toute la panoplie
d'idées morbides, l'appartement
qui flambe, en tête; révision d'vie
l'état d'panique te prend lentement
assurances manquantes, quelle folie
détecteur de fumée absent
«mette de l'eau, ce s'rait pas joli!»,
crie ta douce moitié, en même temps
«faut couvrir le tout!», mais l'envie
d'le pitcher à bout d'bras dans l'banc
de neige est plus forte, ça depuis
qu'la fumée remplie l'air ambiant
oui, la fan a peine à fournir
open the door, pis scram devant
j'ai la tremblote, j'sais pu c'que j'dis
«j'suis désolé!», j'lui cris doucement
une fois dehors, j'ai l'goût d'courir
pis d'lancer l'incendie dans l'vent
mais l'air, c'est le pire combustible
j'l'ai vu tout à l'heure, et maintenant
la solution s'avère la pire,
c'est l'hiver, pose ça su l'toit blanc
mais faites pas ça, j'sais c'que j'vous dis
au contact de l'eau, l'feu s'répand
«mais, non! c'qui faut faire, c'est couvrir
le contenant hermétiquement»
me répète ma belle amie
sur le seuil de la porte, tenant
couvercle à la main, j'la remercie
sans elle, j'sais plus où j'srais vraiment
j'me souviens pu d'mes cours, j'me suis
brûlé les mains sur chaudron brûlant
le liquide coulait le long pis
j'ai du me mettre les mains dedans
l'eau froide durant toute la soirée
j'tremblais, ouai, j'ai vu c'que c'est quand
la peur se mêle à la survie
la raison d'mon déraisonnement
la prochaine fois qu'le kentucky
te donne envie, laisse faire le grand
au lieu d'faire ce genre de niaiserie,
va donc manger au restaurant
texte présenté dans le cadre d'une soirée slam-poésie
avec la contrainte de thème imposée «patate chaude»